IA génératives : soutien à la lettre ouverte à Swissuniversities
Les intelligences artificielles génératives, désormais omniprésentes, sont porteuses de bouleversements qui impactent déjà très frontalement le monde de la recherche et de l’enseignement. Des outils propriétaires, évoluant au jour le jour, présentés par leurs concepteurs comme incontournables, infiltrent tous les échelons de la chaîne pédagogique alors que le développement de schémas d’utilisation profitables dans le cadre de l’enseignement est encore balbutiant.
Les problématiques soulevées par l’utilisation de ces outils dans l’univers académiques sont aussi multiples que cruciales. Elles posent des questions fondamentales sur le rapport au savoir, sur la propriété intellectuelle, la souveraineté numérique et la responsabilité écologique, pour n’en citer que quelques facettes.
La question de la surconcentration des pouvoirs numériques dans les mains d’une minorité aux visées mercantiles et parfois ostensiblement anti-démocratique ne peut non plus être éludée.
De nombreuses institutions académiques suisses ont entrepris une réflexion et tentent la mise en place de mesures et de garde-fous. Ces initiatives sont pour la plupart locales et bridées par le manque de moyens. Les politiques d’austérité économique qui impactent l’ensemble du secteur éducatif sont, de ce point de vue, à contre-courant de besoins fondamentaux.
Face aux défis et aux risques liés aux intelligences artificielles génératives, la politique éducative nationale semble de fait dangereusement lente et timide. Or, en vertu d’un principe de précaution essentiel, elle devrait mobiliser sans attendre toutes les forces matérielles, techniques et scientifiques pour développer les arsenaux pédagogiques, éthiques et juridiques nécessaires.
Pour ces motifs, le CLADS soucieux de la préservation de savoirs critiques et défendant des sciences et technologies au service de la société et du vivant, soutient la démarche du collectif d’enseignant-es de l’UNIL, UNIGE, EPFL, des HES-SO et de l’enseignement secondaire romand et appellent à signer la lettre :
